Chiffres clés 2025 de l’Agence Bio : FOREBio alerte sur une chute continue du potentiel de production en agriculture biologique origine France

Communiqué de presse FOREBio

Paris/Angers, le 16 juin 2026. L’Agence Bio publie aujourd’hui les chiffres clés annuels de la production en Agriculture Biologique : les surfaces Bio diminuent de -1,1%, pour la 3ème année consécutive. Et pour la première fois, le nombre de fermes engagées en Bio recule également de -1,3%, alors que la consommation des ménages augmente de 3,6% en valeur. Le signal est sans équivoque, la production Bio française risque une crise structurelle.

Un cap vient d’être franchi : le potentiel de production en Bio origine France s’érode durablement

FOREBio considère que le cap est désormais franchi. La France a perdu durablement du potentiel de production Bio. L’agriculture biologique française a atteint son optimum de production en 2022, avec 2,82 millions d’hectares. Trois ans plus tard, le constat est brutal : les surfaces ont reculé pour atteindre aujourd’hui 2,69 millions d’hectares (- 15% de céréales, -11,9% de légumes frais et -19,4% de légumes secs sur la période). En parallèle, le cheptel Bio a connu un repli sur toutes les espèces pour la première fois de son histoire. Entre 2022 et 2025 : -10% en bovins ; -4% en brebis et -33% en porcins.

Le modèle Bio n’est pas seulement un label, c’est un pilier de notre souveraineté alimentaire. 84% des produits bio consommés (hors produits exotiques) sont d’origine France, et 17% des fermes françaises sont conduites en agriculture biologique. Pourtant, plusieurs années de crise de la consommation Bio, couplées au manque de reconnaissance politique, aux effets du changement climatique et aux faibles rémunérations, ont fragilisé durablement les filières et brisé l’élan de nombreux producteurs. « Les frémissements de reprise du marché ne suffiront pas. Nous avons besoin d’un vrai rebond de la consommation pour redonner confiance aux producteurs et rendre la BIO encore plus attractive. C’est maintenant que tout se joue. » insiste Clément Aribaud, Vice Président de FOREBio.

À cette érosion des producteurs déjà en BIO, s’ajoute une bombe à retardement démographique, l’agriculture biologique, au même titre que le reste de l’agriculture souffre d’un déficit de renouvellement des générations, avec un nombre important d’agriculteur·trices proches de l’âge de la retraite et trop peu de jeunes pour prendre le relais. Avec une attractivité supérieure : 30% des bénéficiaires de DJA ont un atelier BIO, le modèle de production BIO suscite des vocations qui doivent-être soutenues pour sécuriser le renouvellement de la ferme France.

Des tensions sur les approvisionnements redoutées

Après trois années de manque de débouchés, certaines filières 100% Bio craignent désormais de devoir gérer, à court ou moyen terme, un manque de volume, alors même qu’elles ont mis des décennies pour se construire. “Les groupements 100% Bio ont investi dans des infrastructures et outils de collecte permettant de valoriser les produits BIO et sont en capacité d’accueillir des producteurs motivés par la production BIO (reprise de fermes en BIO ou conversion) avec des engagements contractuels sur du moyen terme, notamment dans le cadre du commerce équitable.” rappelle Julien Bourgeois, Président de FOREBio. 

Des tensions existent d’ores-et-déjà sur l’approvisionnement Bio en œufs, beurre et viande bovine par exemple. Ce n’est plus une hypothèse, c’est un compte à rebours.

Les demandes de FOREBio, suite à la publication des chiffres clé 2025 de l’Agence Bio

Pour enrayer cette érosion et sécuriser l’avenir des filières Bio françaises, FOREBio appelle à la mise en œuvre de mesures concrètes et ambitieuses aux différents maillons des filières :

  1. Prioriser la Bio pour le renouvellement des générations. Créer une « priorité à la bio » pour les projets de reprise d’exploitations déjà engagées en agriculture biologique, et généraliser la bonification BIO de la DJA1.
  2. Rémunérer à leur juste valeur les services environnementaux rendus par les producteurs BIO, avec une pérennisation du crédit d’impôt BIO, le développement des PSE2, une augmentation de l’ÉCO RÉGIME et un retour des aides au maintien dans la future PAC, comme c’est le cas chez beaucoup de nos voisins européens.
  3. Renforcer les outils de structuration et de régulation des filières. Ouvrir davantage de programmes opérationnels aux organisations de producteurs Bio (céréales, viandes) et sécuriser les programmes existants. Développer des dispositifs de régulation adaptés aux à-coups de marché comme les dispositifs existants dans le conventionnel (aides au déclassement, stockage). Porter le Fonds Avenir Bio à 15 M€ annuels sur 5 ans.
  4. Garantir une rémunération juste et une visibilité à long terme. Généraliser la contractualisation pluriannuelle avec un engagement symétrique amont/aval, et imposer la transparence sur la répartition de la valeur via l’OFPM3.
  5. Dynamiser la consommation de produits BIO pour consolider l’amont et redonner confiance pour développer la BIO.

Contact presse

Antoine Roinsard
Délégué général FOREBio
06 86 80 88 35
antoine.roinsard@forebio.info

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  1. Dotation Jeune Agriculteur ↩︎
  2. Paiements pour Services Environnementaux ↩︎
  3. Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires ↩︎